26/01/2008

Le fugitif.



Il avait écrit sur le mur
Gris de la ville et de l'usure
Au revoir
Suivit de trois ronds noirs
Je pense à ces mots peints
A l'ultime poésie
Que marque le dernier point
Pour qui l'a t'il écrit?
Pour la foule qui l'ignore,
Le chien urinant sans effort,
Pour l'amour d'une femme,
Ou pour moi qui l'acclame.
J'aime à le croire homme
Sortant de sa poche
Le stylo qui m'assomme
J'aime à le croire beau
Pourquoi serait-il moche?
Puisqu'il n'est pas idiot.
Mon regard fugitif
Fait revivre sa promesse
Et l'instant décisif
De sa plume qui caresse
Le mur encore trop gris
Qui maintenant me sourit
D'ailleurs est-il parti ?
L'au revoir lui demeure
Il laisse sa trace ici
Pour mieux partir ailleurs.

8



Huit c'est comme l'infini à l'envers
Plutôt crever
Que t'effacer.
Plutôt haïr
Qu'oser aimer.
Huit
Comme si rien n'était passé
Huit
Comme si tout pouvait s'écrouler
Plutôt pleurer
Plutôt crier
Que t'oublier
Tes cris sont des mémos
Et mes larmes des échos.
Huit c'est l'infini à l'envers
Si tout est fini, mon cher,
Plutôt crever
Que t'effacer
Plutôt hurler …

19/01/2008

Bonjour.


Ma fenêtre lève l'aurore
L'aurore couchée sur les draps
Et les draps flous de reflet d'or.
De tous, j'aime ce moment-là.
Tes vagues souffles essoufflés
Volent à la dernière étoile
Lui dire de se coucher.
Et les draps comme des voiles
Se gonflent de tout ton ventre
Le monde paraît irréel
Aucune obscurité n’entre
L'aurore couvre de son ombrelle
Ce que j'aime : ce moment-là
Je me régale de la beauté
Des tendres pains au chocolat
Des croissants et de l'humanité.
De ce moment, j'aime surtout
Le temps qui reprend sa mesure
Et Me voilà qui oublie tout
Par-dessus tout que rien ne dure
Tu ouvres les deux yeux.
Les draps s'agitent en tempête
Et l'aurore à s'enfuir s'apprête
J'aime la fin de ce moment
Avant ton premier mot, avant
Quand réveiller par le beau jour
Tu ouvres tes deux yeux,

14/01/2008

7




Dans la ruelle boiteuse
Les sons de la pluie qui ruisselle
Ruinent encore la rue.
L'égout déborde de sa saleté
Il suppure son élégance,
De la boue, de la boue
De l'eau de ragout.
Il n'a dans cette odeur oisive
Rien qu'un reste de rive
Gauche où le clochard sommeille
D'un rêve saoule et puant.
N'as-tu pas mal au coeur ?
Le nauséabonde n'a pas d'odeur
Il t'est falmilier ce parfum de pisse étalée,
Les gouttelettes qui s'empressent de noyer
Cette saloperie.
Si tu ouvres grand tes narines
Tu sentiras peut être, la gamine
La pétasse d'odeur de Paris.