08/02/2008

Post Scritum


Un jour mon sang
Ne sera plus d'encres.

Si à présent
Mon allure de cancre
Qui se prend pour
Le satané Rimbaud
Me joue des tours
De vilains jeux de mots
Je crains, qui sait?
De devenir muète
A trop parler
Ne plus être poète.

Les mots rangés
Dans des dictionnaires
Soudain, usées
Et pleins de poussières
Seront communs
Puisques pas propres
Soudain ma main
Blanche et toute propre
Laissera le stylo
Fuyant, fuir
Et libérés les mots
Courants, courir.

J'aurai enfin le temps
De rire, et pire
De faire des gateaux
Pour les marmaux;
La nuit à mon amant
Je pourrai dire
Eteint les lumières
Je veux dormir
Je rigole, mon cher
Pousse et tire
Moi, à jamais.
Une nuit sans rêver.



Après avoir écrit
Après avoir tout dit
Que pourait-il rester?
Un petit mot
Pas grand pas vraiment beau
Pour les Hommes
Un simple et grand regret
Que je pourais laisser
Post scritum:
J'ai tant aimer
Vous écrire.

C'est de la merde!


Alors qu'en cours
Je m'ennuyais
Je vis deux mouches voler
L'une et l'autre à côté
Je me suis alors demandée
De quoi pouvaient-elles parler.


Je m'imaginais l'une commère
Dire à sa chère petite amie
Un certain nombre d'idioties
Avec un air hautain et un peu fière
"Ce qui est bien dans la bouze
C'est qu'elle nourrit
Les grosses mouches
Celles-ci ne sont jalouses
Que des petits chiens
Qui sentent avec la bouche
Leurs arrière-train."


L'autre, intellectuelle
Affirme, battant ses ailes
"L'odeur terrible du caca
Est pour elles le meilleur plat
La merde c'est délicieux!
Dit-elle avec sérieux.

Des dizaines de moucherons
Soudain interviennent
Et ensemble viennent
Faire interruption
"Celle de la vache
Est la meilleure"
Déclarent sans relâche
Les fins dégustateurs.


L'intellectuelle, fine bouche
Répond à toutes ces mouches
"Les mets frais
Des près et des champs
Sont il est vrais
Les plus succulents."

03/02/2008

Le negatif




Je me souviens de la nuit
Je m'en souviens même le jour
Elle est le noire du bleu
Elle est le négatif
Je me souviens de l'ennui
Je me souviens même tout court
Il est au fond des yeux
De l'esprit attentif
Je me souviens même quand j'oublie
Il ne reste que les esquisses
De mes souvenirs abrutis
Je me souviens d’avoir dit
Je me souviendrai de rien .

Journal intime


30 aout

Je n’arrives pas à dormir.
Pourtant je suis fatiguée, de voir les jours, les heures
sans cesse s’entasser.
Se répéter
Les mêmes erreurs.
Tu vois je ne te comprends pas,
T’es du turc ou du chinois
Souffrir je ne veux pas
Et je souffre déjà.
Des fois je m’imagine sautant d’un pont
M’enfoncer dans l’eau dure comme le mur
Et l’eau je la traverse, est-ce que je survis? J’en sais rien.
Ce qui compte c’est la chute, la chute que je cherche, que je rêve.
J’ai envie de mourir sans mourir pour autant,
Que rien n’ait d’importance, comme si la liberté était dans la mort ou dans la non crainte de la mort.
Ce qui me rassure un peu c’est que je vis et meurs lentement.
Mais je rêve de cette chute, surtout quand je ne dors pas. Quand mon esprit est conscient, quand je suis fatiguée de tout.
Un jour on m’a dit chut, le coupable c’est pas moi. Je crois que
C’était mon père, mais peu importe c’était quelqun que j’aimais.
Ce jours là, surprise, de me rendre
Compte que j’aimais, j’ai plus rien dit et j’ai arrêté de reprocher.
Mais sans coupable je ne dormais plus, alors j’ai essayé, comme je pouvais avec mon moi tout défait
D’aimer.
L’amour, je ne le comprends pas, je l’idéalise mais je le trouve puant.
Je semble aigris et pourtant
Non.
Je ne suis satisfaite de rien, c’est bien, je veux plus, je mon espoir est insatiable et assoiffé. Encore de l’espoir,
Encore à boire.
Je n’arrive pas à dormir, Bon dieu! réveille toi!
Quand je dis dieu, je parle de toi, mais tu pourrais être le diable, ou bien un autre chose, le coupable de
Cette nuit.
Les hommes je voudrai les quitter, tous, détruire, comme dans la chute, ne plus craindre la Solitude, qui est je le pense, comme la mort, une liberté, si on ne la crains pas.
Peut être que je dormirais si je n’étais pas attachée à toi.
Mais ce soir c’est pas toi que je vais réveiller, je ne te réveillerai jamais car tu rêves et je ne peux pas être une briseuse de rêve, non.
Surtout pas pour que tu saches, de toute façon, je te quitterai, et j’aurai mal, sans doute plus mal que toi. Comme j’en ai quitté d’autres, comme j’en quitterai encore, déçue.
J’écris, plutôt. J’écris parce qu’il y a tout ça, et aussi parce que j’ai une plume au bout de la tête. J’écris comme dans un journal intime, pour la première fois. Je le reprocherai demain à ma fatigue qui tout de même torture ma conscience.
Ou bien plus tard, quand tout sera fini, quand, je ne penserai plus si noir, quand , enfin je me serai décidée à être bien, plus tard quand tu auras disparu, plus tard encore quand le jour sera levé, plus tard quand tu ne pouras plus lire à quel point je fu malheureuse dans tes bras, plus tard...les gens pourrons lire et savoir.