24/02/2008

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Je ne crois plus
En dieu
En rien.
Pourtant j’aimais ne rien savoir
Croire à ces histoires
La vérité fatigue les sens
Mon corps, de désirer n’en peux plus
Ma tête de penser explose.
Je ne crois plus
En dieu
En rien.
Ma bouche ne parle pas
Ma bouche est cousue
Des fils noirs,
De bas en haut
La transpercent.
Rien est certain
Je ne crois plus
En dieu
En rien
Ce que je peux faire
S'écroule dans le temps
Nous ne retenons rien
Notre mémoire est menteuse
Je ne peux rien transmettre
Je ne peux que reproduire
Et détruire
Telle est ma nature d'homme
Je me sens impuissante
Faible, bruyante, étroite
Je me sens perdue,
Je ne crois plus
En dieu
En rien.
Dis moi quelque chose
Ou mes mains seront clouées.

Le lac majeur



Je me trouvais au bord du lac
Mes pieds posés sur le côté
Doucement écrasaient les galets;
Mon père faisait tourner un bâton
Pour remuer le sable marron
J'avais déjà vécu des moments comme celui là.
La petite fille essayait d'attraper
Le lac dans sa bouteille
Le lac joueur s'amusait avec elle
Il rentrait, puis sortait
Les vagues qui imitaient la mer
Mais qui n'étaient que les échos
De vrombissant bateaux
Le soleil se couchait là
Il avait dépassé la moitié du ciel
Un léger vent accompagnait les petites vagues
Les petites vagues que mangeait
et crachait la bouteille.
Mon père dit à la petite fille
"Viens faire un château
Avec des pierres de toutes les couleurs
-Non je veux attraper l'eau."
C'était l'eau du lac majeur.
J'en avais déjà vécu des moments pareils
Où le soleil à la moitié du ciel
Le vent qui accompagne les vagues qui s'échappent
Le jeu qui ne veut pas commencer
Le lac majeur avalait
Un discret bonheur
Mon père chantait la chanson
Qu'il a toujours dans la tête
Puis s'interrompant il dit
"Elles ne sont pas si petites ces vaguelettes
Alors je regardais, me souvenant, des vagues berceuses
De mon enfance
La petite fille accroupie qui essayait d'attraper le lac.

21/02/2008

L'épave


Fragments de souvenirs
Chopés, capturés
Mis en exil
Dans mon cervelet
Cette petite île
Où chavire
Les bateaux neurones
Les vaisseaux sanguins
Les paquebot cynaptiques
Car il est une zone
Pas un seul marin
Même les plus héroïques
Voyage en ce lieu
Où jadis un enfant
Une hache à la main
Frappa et fit un creux
Aussi noir, que béant
Dans son beau bateau bleu
Il s'écriait alors
"Je coulerai avec toi
Je coulerai dans le ciel"
On entend encore
Sa voix, sa jolie voix
De pluie, et de soleil
Alors les voix graves
Des êtres unicellulaires
L'appellent l'épave
Puis chuchotent:"c'est une chimère"
Car ce cris dans ma tête
Fait trembler mon sang
A ce seul murmure
Tout mon corps
Se convulse et se tord
Frétille, et se rassure:
"Ce grand trou de mémoire
Ce n'est qu'une vieille histoire"
L'épave se répète
Puis s'arrête doucement.






Les mots de ma mère


Elle accrochait un gilet
A un peroquet
Et celui -ci dit tout haut:
Je ne suis pas un porte manteau


Elle fermait ses volets
Avec des bonhommes
Mais ces messieurs en somme
Finirent par l'assomer


Elle parlait pas anglais
Alors pour les swim gum
C'était pâte à macher
Shwim shwim et boule de gomme


Et pour m'appeler Zoé
Elle disait sauterelle
Ma poète adorée
Avec ses mots à elle.