30/04/2009

Pelouse interdite


"Viens! traversons la pelouse interdite!"
Une pluie de verres colorés tombait d'un ciel de granite
Mais ce n'était que le murmure émail
D'une voix d'homme- bourrasque
Je n'arrivais à attraper les morceaux de vitrail;
-Non, je n'irais pas sur ce gazon! Mon corps entier était flasque
J'étais traversée par les couleurs translucides, le bleu de la vierge,
Le rouge des rois, et l'or des auréoles.Puis de la berge
Il souffla "Tu fais de tout du macadam"
Le chapelier fou au loin construisait son chapeau
De cartes, sur le lac les cygnes devenaient des corbeaux
Ils s'envolaient, migrateurs.
L'homme Bourrasque n'avait ni chair, ni âme
Car l'homme bourrasque était un leurre
Il tendit une fleur enrobée d'un ruban
Une rose sans épine, séchée par le temps
Moi, rafale, je me mis à tourner
Ses épaules floues, et son odeur de verre
Son odeur de verre- miroir, fleur fanée
Avais-je déjà senti l'odeur du verre ?
La rosée pailleta mes pieds; tout se passa si vite
Il me posa sur la pelouse interdite
Une plume de paon sur du papier
Au loin, des enfants faisaient la roue
Ils portaient sur eux de la soie du Pérou
Rose, verte, bleue, jaune, violet...
Sa peau était d'un blanc pur, mais ses muscles étaient froids
Avait-il déjà porté des vêtements de soie?
Il dit"ici" et je sentis entre mes jambes ouvertes
Une chaleur familière, l'humidité de l'herbe verte
Une rivière passa, dedans il y avait mille poissons de bois peints
L'un deux était verrons argent or, ses pupilles de satin
"As-tu déjà eu des regrets?"
Son baiser entra jusque dans mon sang
"-oui, un" au loin un renard croqua le bleu et le violet
Il y eu un coup de vent gelé,
Je sentis le béton noir brillant
M'envahir, il ne restait plus
Que quelques cartes, des plumes d'ange déchu,
Du verre brisé, des échardes, des haillons et des mites,
"Tu fais de tout du macadam"
J'ai murmuré d'une voix de femme rafale
"Viens traversons la pelouse interdite"

L'été


Il pleuvait ce soir là
Mais c'était comme en été
Après qu'il ait fait si chaud
Que l'on se met sous de l'eau
j'ai dit: C'est de la neige
Il a répondu, s'il neige
Je pardonne tout
La pluie, le vent la tempête.
Et j'ai fait oui de la tête


Nous avions soif ce soir là
Mais c'était comme en été
Comme si la pluie nous laissait
Complètement assoiffés
J'ai dit: un baiser s'il te plait
Il a répondu, pour un baiser
Je pardonne tout
Je bois, ta salive, tes baisers
Et nous sommes restés ennivrés


On était pauvres ce soir là
Mais c'était comme en été
Comme si le ciel nous suffisait
Comme toit pour nous coucher
Il me dit: Il fait froid
J'ai répondu : pour tes bras
Je pardonne tout
La pluie , le vent, la tempête
Il a fait oui de la tête

23/02/2009

L'aspect des méduses


C'est si flottant, enivrant
Elle ne parle plus comme avant
Elle ouvre la bouche et flop
C'est flou! Ses mots sont comme les bop
De la cavité des poissons
Mais c'est à elle de dire les sons
Ainsi sans fin, les manipules
Elle souffle un peu, fait un bisous
Puis ouvre et pousse avec ses joues
Le mot alors se fait bulle
Mille couleurs quand le soleil
Passe dessus, c'est l'arc en ciel
Et les enfants rient beaucoup,
Mais tout ça n'est que chimère
Car voilà qu'au moindre coup
La bulle explose et n'est plus qu'air.

19/12/2008

Paris est tout petit pour ceux qui s'aiment comme nous d'un aussi grand amour

Il pluviotte de la pluie même pas belle
On dirait que les égouts te tombent sur la tête!
Soit pas triste tout le monde peut pas avoir le Ciel
T'as les cheveux plus mouillés qu'un chat de gouttière
Et tu pues!
J'ten veux pas va! Tu finira bien par sécher
Que c'est laid décembre, embrasse moi! aller!
Pas là voyou, j'te donne que ma joue!
Crois moi, vu ton état c'est bien assez!