22/11/2009

Le départ des monstres



Sous le lit une culotte et une chaussette,
Mais où sont passées les ombres mouvantes?
Où sont les loups, les serpents à sonnette
A cloches dorées, cloches tintinnabulantes

Les grands yeux rouges qui brillent dans le noir,
Se sont cachés sous des paupières caméléon
Comme les fantômes dans les placards
Se sont pliés en draps blancs de coton

Ne souhaites-tu plus te faire manger?
Avalée puis dévorée par... l'obscurité.


Les souffles, chuchotements et murmures,
Qui te sifflaient d'impossibles secrets
Regrettes-tu le bruit qui traversait les murs?
Ton cri terrifié qui s'échappait

La chaleur de ce qui est grand et velu,
Les mains se glissant sous la couette
Les sons allant du strident à l'aiguë
Les mots qui te rendaient muette

Maintenant que la veilleuse est éteinte,
Que le noir ne te fais plus peur
Ne recherches-tu plus l'étreinte
Des monstres qui te donnaient des sueurs?











13/11/2009

Et l'on pourra se quitter


"Et l'on pourra se quitter
et toujours se retrouver
sans jamais tomber à l'eau
à bord de notre rafiot" (Coquelicot)

Et l'on pourra se quitter,
Et toujours se retrouver
Même au delà des mers
Au delà de nous et nos chairs

Y as-tu cru un instant
A ces paroles d'enfant ?
Pensais-tu me chercher,
A la fin de nos derniers baisers?

Mon amour, tu avais raison
On est libre mon mignon
Et l'on pourra se quitter,
Sans se perdre, ni se noyer.

Puis voguer, dans le tango du temps
Aimer, et aimer encore d'autres gens,
Devenir ce qu'on est , devenir différents,
Et voguer, sans mesure, voguer, voguer

Puis toujours se retrouver,
Dans les mers du passé,
A bord notre rafiot,
Ou l'épave du bateau.


Moi j'irais en tout cas,
Oui moi j'irais là bas,
Quand ma tête le voudra
Je retournerais avec toi

Comme je m'en vais parfois
Sentir les pluies d'été, le bleu du ciel
Les neiges et les feux de bois
La chaleur des rires éternels

Comme je m'en vais parfois
J'irais chercher tes bras,
Les paroles lancées comme ça
Susurrée par le son ta voix

Et l'on pourra se quitter
Et toujours se retrouver
Et l'on pourra se quitter
Et toujours se retrouver.

29/10/2009

Les détails.


"J'ai douté des détails, jamais du don des nues" Noir Désir



Je ne saurais jamais,
Je chercherais en vain dans les visages d'autres.
Envahissant, ne trouves tu pas?
Le froid.
Oh mon amour perdu,
Dernier silence.


Ainsi à mes questions, à celles qui faisaient mal
Tu me serrais contre ta nudité
Étrangère aux autres, inconsciente,
Folle? Sans doute, sans aucun.
Ta nudité à moi donnée.

Je ne doute plus de l'amour, même illusoire,
Même faux. Il était là posé dans le creux vide
Entre la courbe de mes yeux, ma joue et ton torse,
Étiré entre nous, tenant à presque rien,

Au silence de ton corps qui me serrait.

Alors pourquoi?
Et je disais: "On a de la chance parce qu'on est heureux et qu'on le sait, les autres ne savent pas, ils sont heureux mais ne savent pas, il y a que nous qui sachions. Par dessus les autres, il n'y a que nous n'est-ce pas?"
Je ne saurais jamais, pourquoi tu n'as pas dit oui,
Mais
Pour cet infime mouvement, un peu plus fort contre toi,
Je n'avais pas insisté:

La peur
J'avais senti, le creux vide entre nous plus grand encore,
J'avais cru que c'était l'absence, le doute, et la disparition,
Mais je ne saurais jamais.
Oh mon amour perdu,
Dernier silence, ta nudité à moi donnée.


19/09/2009

Fin à part


"Il s'agit de mon cœur je vous le dit tout de suite
Sans doute ce vieil abat vous passionne à demi..."Pierre Perret

Elle : Ca va?

Lui : Non. On va se poser quelque part?

Elle : Au Parc Monceau alors.
A voir ce qu'il tient dans sa main, elle connait déjà la suite de l'histoire. Elle devine en une demie seconde tout ce qu'il dira, la seule chose qui la surprend un peu c'est le banc qu'il choisit. Le plus proche de la sortie, le banc le plus exposé à tous. Il s'assoit, elle aussi.

Lui : J'ai beaucoup réfléchi.

Elle : Lui avait laissé du temps pour ça, longtemps de silence, si longtemps de silence qu'elle avait cru qu'il lui avait volé pour la trahir. Elle savait déjà que c'était une idée de taré, mais elle a toujours été tarée. ..

Lui : Au début je voulais rester avec toi et puis je me suis dit que ça ne servirait à rien, qu'on n'arrêterait pas de se disputer.

Elle: Il est agité et fume, lui souffle au visage, déjà il ne fait plus attention à elle. Elle tousse. Il remue sa main devant la fumée et cette comédie de geste, ce "non" qu'il avait dit au début, comme s'il était obligé de montrer que ça n'allait pas, comme si, elle ne l'aurait pas deviné s'il n’exagérait pas sa peine, tout ça , ça l'agace. Avant qu'il ne parle, elle avait aboutit à la solution contraire: "peut-être, s'était-elle dit, qu'en supprimant les causes de ces cris sonores, de ses colères, de ses mots qu’il lui disait sans s'en rendre compte, peut-être qu'ils trouveraient une solution." Mais il fallait se battre encore, et elle sait à présent qu'elle ne peut plus. Elle sait que les disputes sont une excuse, mais comme toujours, comme toujours quand on doit dire la fin, comme toujours, on ne dit pas la vérité, elle n'osera pas elle-même la dire plus tard entièrement. Puis elle parle, elle dit : Tu as rapporté la Guitare. Si tu veux je te la laisse comme je te dois de l'argent...

Lui: Non, je t'ai mis tes affaires que t'avais oublié et la pièce d'ordinateur qu'il te manquait.

Elle: J'ai l'argent si tu veux.

Lui: Non.

Elle: n'insiste pas, le regarde, elle sait qu'à sa place elle aurait dit la même chose, mais elle aurait voulu qu'il accepte pour ne rien lui devoir, jamais. Elle dit Tu n'as rien oublié que tu voudrais que je te rapporte? Elle connait déjà la réponse. Elle a fouillé avant de venir et s'est surprise à ne pas trouver une poussière qui fût à lui. Elle s'était demandée, devant le vide, depuis combien de temps il était parti.

Lui: Non.



Elle: Je vais y aller, je crois qu'on s'est tout dit. Puis elle dit quand même un peu de la vérité, ce bout de rien. Elle dit qu'elle est d'accord pour les disputes qu'elle ne pense pas que ça s'arrangera, elle ne ment plus, puisqu'elle sait maintenant, elle dit la vrai raison. Elle dit : Et puis tu m'aimes moins.

Elle n'ose pas encore dire qu'il ne l'aime plus, parce qu'elle ne sait pas, ne saura jamais, elle lui avait déjà dit une autre fois qu'elle le pensait. Il n'avait rien dit et l'avait serré fort comme pour le nier. A présent il ne dit rien, garde un visage impassible, il le sait lui aussi. Sait-il seulement que ça faisait des mois qu'elle gardait le secret?

Elle s'en va, lui dit quelques mots formels, un peu par méchanceté, un peu pour ne pas lui laisser le choix, ne pas pleurer, lui permettre à lui de croire, de seulement croire que ça ne lui a rien fait à elle. Arrivée à la bouche qui doit la mâcher et l'emporter, elle ouvre son téléphone efface l'un des premiers mots d'amour qu'elle lui avait donné. Efface le numéro qui lui correspondait. Puis descendant les marches, sans rien dire dans le silence absolu du vacarme, sans le vouloir, sans rien pouvoir y faire, pleure.